Les premières traces écrites concernant le site de Montessus remontent au XIIème siècle. Certaines archives plus récentes mentionnent qu’il a appartenu à la famille Rabutin, cette même famille dans laquelle naîtra Madame de Sévigné. Le site de Montessus reste ensuite dans la famille Montessus et ses descendants depuis le XIVème siècle. Les archives familiales évoquant l’histoire des lieux ont été confiées aux Archives Départementales afin d’être consultables par le plus grand nombre. Un travail universitaire sous la direction de M.Reveyron a été réalisé en 2018 sur l’histoire des lieux.
La butte de Montessus est classée Monument Historique, par arrêté du Ministère de la Culture du 4 septembre 2006 :
« Considérant que la conservation de l’ensemble castral dit « donjon de Montessus » à Changy (Saône et Loire) présente au point de vue de l’histoire et de l’art un intérêt public en raison de la qualité architecturale, de l’homogénéité conservée, ainsi que de l’intérêt archéologique de ce domaine seigneurial des XIVème et XVème siècle, arrête :
« Est classé au titre des monuments historiques l’ensemble castral dit « donjon de Montessus » à Changy (Saône et Loire) avec tous les éléments constitutifs de l’ancien domaine : bâtiments en élévation, sols des parcelles et sous-sols, y compris les allées d’accès et la garenne, situé sur les parcelles n°s 44, 47 à 53, figurant au cadastre section AE« .
Extrait de la fiche Mérimée :
« Monument emblématique de l’architecture médiévale du Charolais, l’ensemble se développe autour d’une cour et se compose d’une haute tour quadrangulaire coiffée d’une toiture en pavillon et flanquée de quatre échauguettes circulaires. Sur la façade de la tour maîtresse est accolée un corps de logis (…). Au sud de cette enceinte s’élève un tour circulaire abritant une chapelle et un pigeonnier. Dans la pente du terrain vers le cours de l’Arconce, s’étend une garenne déjà mentionnée dans les textes du XVIème siècle. L’ensemble castral peut être daté du XIVème au XVème siècle« .
Source : http://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA71000036
Comme pour tous les Monuments Historiques d’intérêt national, cette loi impose un certain nombre de devoirs aux propriétaires, aux éleveurs travaillant à Montessus, notamment de consulter l’Architecte des Bâtiments de France en cas de travaux à prévoir sur les bâtiments, les parcelles classées, ou les abords de celles-ci.
Victor Hugo émettait déjà ce souhait en 1832 :
« Faites réparer ces beaux et graves édifices. Faites-les réparer avec soin, avec intelligence, avec sobriété. Vous avez autour de vous des hommes de science et de goût qui vous éclaireront dans ce travail. Surtout, que l’architecte-restaurateur soit frugal de ses propres imaginations ; qu’il étudie curieusement le caractère de chaque édifice, selon chaque siècle et chaque climat. Qu’il se pénètre de la ligne générale et de la ligne particulière du monument qu’on lui met entre les mains ; et qu’il sache habilement souder son génie au génie de l’architecte ancien. »
Le code du patrimoine impose également un périmètre de protection des abords, nécessaire pour préserver l’esthétique des lieux classés et ne pas dénaturer ces sites dans leur paysage.
Cette protection des abords assurée par les services de l’Etat permet d’éviter que l’activité humaine ou le développement économique se fasse au détriment du Patrimoine Culturel, et oblige les particuliers ou collectivités à trouver des alternatives géographiques concernant les évolutions nécessaires de l’urbanisme, des transports, des sources d’énergie, etc…
Les servitudes concernant les abords des Monuments Historiques sont disponibles en Mairie et dans les services de l’UDAP, elles sont consultables également sur l’Atlas des patrimoines. Le périmètre de protection des abords du site de Montessus figure au centre de cette carte :
A quoi sert la Loi sur les Monuments Historiques ?
Pour cela, revenons à un article de Victor Hugo. Alerté par l’abandon et les négligences dont les édifices anciens étaient victimes, son engagement a permis une prise de conscience collective devant l’urgence de conserver le Patrimoine. Une législation a suivi, qui s’est faite progressivement jusqu’à la Loi actuelle.
Des extraits de cet article figurent sur le site du Ministère de la Culture : http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Monuments-historiques-Sites-patrimoniaux-remarquables/Presentation/Focus/Centenaire-de-la-loi-de-1913
« Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté.
Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous.
Donc la détruire c’est dépasser son droit.
On fait des lois sur tout, pour tout, contre tout, à propos de tout.
Et une loi pour les monuments,
une loi pour l’art,
une loi pour la nationalité de la France,
une loi pour les souvenirs,
une loi pour les cathédrales,
une loi pour les plus grands produits de l’intelligence humaine,
une loi pour l’œuvre collective de nos pères,
une loi pour l’histoire,
une loi pour l’irréparable qu’on détruit,
une loi pour ce qu’une nation a de plus sacré après l’avenir,
une loi pour le passé,
cette loi juste, bonne, excellente, sainte, utile, nécessaire, indispensable, urgente,
on ne la ferait pas ?
Ceci est une question d’intérêt général, d’intérêt national.
Disons haut au gouvernement, aux communes, aux particuliers,
qu’ils sont responsables de tous les monuments nationaux que le hasard met dans leurs mains.
Nous devons compte du passé à l’avenir ».
Victor Hugo, 1832








